


Nous sommes le premier dimanche du mois, et même si les températures se sont adoucies, le temps est toujours aussi morose. Je décide donc de profiter de la gratuité des musées. Gros challenge en perspective : arriver à traîner Xavier dans un musée, alors que la bière coulait à flot hier soir. Ce n’est pas gagné.
Je tente quand même :
Anne : Eh, ça te dirait pas d’aller au musée demain, c’est le premier dimanche du mois, c’est gratuit !
Xavier : Hm. Tu veux aller où ?
Anne : Euh. J’sais pas. (no comment)
Xavier : On pourrait aller au MAC/VAL.
Anne : Ah ouais tiens !
Voilà une affaire rondement menée. Je suis assez étonnée du manque de protestation de Xa, mais bon, je ne vais pas tenter le diable en insistant pour savoir s’il veut VRAIMENT y aller. Des fois, je sais quand il est sage de se taire.
J’avais été attirée par les publicités qu’on avait pu voir au cinéma quelques mois auparavant, lors de l’ouverture du musée. “MAC/VAL, venez prendre l’art”. MAC pour Musée d’Art Contemporain, et VAL pour Val de Marne, parce que l’action se situe à Vitry sur Seine. Oui, je sais, Val de Marne, Vitry sur Seine, tout ça, ce n’est pas très cohérent. Mais trèves de tergiversations géographiques. Déjà le nom intrigue. On pense à un Mac Do de l’art contemporain. Coincée entre amusement et scepticisme, je regarde la publicité. Il y en a plusieurs je crois, mais elles sont toutes sur le même principe. Des personnes (une personne seule, ou un couple, ou une famille…) se tiennent droite, sur un fond blanc. Ce sont des habitants de Vitry, d’ailleurs. Tout à coup, des litres de peinture leur sont jetés à la figure. Les personnes ne bougent pas, imperturbables et colorés. La scène surprend. Puis, sans autre forme d’explication, une voix nous annonce : “MAC/VAL, venez prendre l’art”.
J’aime beaucoup cette pub. Mais il est vrai qu’on se dit qu’il vaut mieux y aller avec un vieux jean et une paire de bottes en caoutchouc. Au cas où.
Nous voilà face au musée. Un grand bâtiment moderne, comme tout ce qui se construit. Austère et épuré, mélange de béton et de verre. On discute déco et aménagement intérieur avec D et X. D placerait bien quelques canapés dans le hall, pour en faire un spacieux salon, et installer le barbecue sur le gazon par derrière. Je suis assez d’accord, mais je me dis que le loyer est hors de prix. Puis je baisse le nez, et je m’extasie sur le sol : de très larges dalles, probablement du bêton ciré. Je dis à X que ça rendrait vachement bien dans Question Maison, notre rendez-vous télévisuel du samedi matin. Xa opine du chef, et court prendre une affiche de l’expo “le Grand Sommeil” pour pouvoir l’accrocher dans son coin bureau au boulot. Quand je vous dit, qu’on a parlé déco. On arrive dans un grand espace avant le début des expos. Des courbes rouges sillonnent les murs, le plafond et les piliers. Je ne comprends pas pourquoi elles sont coupées. Ca ne rime à rien, selon moi. “Ca commence bien, pensé-je en mon for intérieur”. D m’explique qu’il faut sans doute trouver un point dans la salle où toutes les lignes concordent pour aboutir à une forme cohérente, probablement des cercles. Nous cherchons, et nous finissons par trouver le coin magique. Et en effet, trois cercles concentriques apparaissent. On apprend un peu plus tard qu’il faut se placer à 1m62 du sol, hauteur de l’artiste, pour être exactement à la bonne distance. D déclare qu’il veut la même chose dans son chez lui, et moi je commence à me détendre en me disant que finalement cette expo peut être amusante. J’ai un contentieux avec l’art contemporain. Il paraît que tout est dans la démarche. Je dois être trop conservatrice.
En résumé, il y avait des trucs qui m’ont laissée franchement perplexe, comme le mur peint en jaune, avec une tablette en verre, et des citrons posés dessus. Un décorateur IKEA n’aurait pas fait mieux. Et puis il y avait pas mal de choses amusantes. Par exemple, un énorme rectangle suspendu à plusieurs mètres du sol. Y étaient accrochées des tonnes de “ficelles” en plastique qui tombaient jusqu’au sol, qui couvraient toute la surface du rectangle. En passant au milieu de tout ça, on avait l’impression de passer entre des gouttes de pluie, aussi bien au niveau de la sensation sur le corp, que du bruit. Bon, les autres enfants de 5 ans s’amusaient aussi beaucoup.
Et puis tout un tas d’autres oeuvres, dont je n’ai pas toujours pigé la démarche. Une sortie rigolote, tant que ça reste gratuit !